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Les banques préfèrent prêter de l’argent aux couples d’emprunteurs, pour réduire le risque de défaillance dans le remboursement. Toutefois, devenir propriétaire avec un seul salaire reste possible, si vous limitez votre taux d’endettement et présentez des garanties solides.
Le prêt immobilier porte sur une somme généralement importante, sur une durée pouvant aller jusqu’à 25 ans. Sur cette longue période, vous pouvez être victime d’un aléa de la vie, perdre votre emploi… En bref, vous retrouver dans l’impossibilité de faire face aux échéances d’emprunt.
Certes, il existe des mécanismes de protection contre la défaillance, comme l’assurance emprunteur et l’organisme de cautionnement. Les banques doivent toutefois s'assurer de votre solvabilité avant de vous accorder un prêt, sous peine d’engager leur responsabilité.
Mathématiquement, deux co-emprunteurs, c’est deux fois plus de chances que le remboursement se passe bien. Pour acheter seul, vous devez donc démontrer que votre situation financière est solide et que vous pouvez faire face aux mensualités sans le secours d’un co-emprunteur.
Pour déterminer si vous êtes solvable et mesurer le risque qu’elles courent à vous prêter de l’argent, les banques établissent ce que l’on appelle un « credit score ». Cet indicateur tient compte de différents facteurs comme la stabilité de votre situation professionnelle et votre taux d’endettement.
Bien évidemment, mieux vaut être en CDI période d’essai expirée pour obtenir un prêt immobilier avec un seul salaire. Les fonctionnaires, qui disposent d’un emploi à vie et de la progression indiciaire, font également partie des profils préférés des établissements financiers.
Si vous êtes en CDD, intérimaire ou travailleur indépendant, vous n’êtes pas ipso facto exclu du crédit immobilier. Vous devez simplement démontrer que vous avez une activité régulière depuis plusieurs années, dans un secteur professionnel porteur. Un infirmier libéral en exercice depuis 2 ans, par exemple, peut tout à fait emprunter en solo.
Les banques vont calculer votre capacité d’emprunt, c’est-à-dire le montant maximum qu’elles peuvent vous accorder en fonction de plusieurs critères, dont vos revenus. Ceux-ci sont comptabilisés différemment selon votre statut professionnel :
Les organismes de crédit peuvent également comptabiliser un pourcentage des revenus locatifs que vous percevez d’une location nue ou d’une location meublée. Il est généralement limité à 70 %, les 30 % restants servant à couvrir les risques locatifs (impayés, dégradations…).
En revanche, les sources de revenus provisoires comme les pensions alimentaires et allocations chômage ne sont pas intégrées dans le calcul de votre capacité d’emprunt.
Le taux d’endettement se définit comme le rapport entre :
Il constitue une sorte de garde-fou qui vous évite de tomber dans la spirale du surendettement et la défaillance dans le remboursement.
Depuis le 1er janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose un taux d’endettement maximum de 35 % pour obtenir un emprunt. Si par exemple, vous disposez d’un salaire de 3 200 euros, le montant maximum de la mensualité et de vos autres charges ne devra pas excéder 1 120 euros par mois.
Il existe une marge de flexibilité grâce à laquelle les banques peuvent accorder un crédit au-delà du taux d’endettement de 35 %. La marge concerne 20 % de leur production trimestrielle de crédits et doit être attribuée :
Pour sélectionner les heureux élus, les banques tiennent notamment compte :
Effectuons plusieurs simulations pour savoir combien vous devez percevoir par mois pour emprunter seul, sur une durée de 15, 20 et 25 ans, en respectant le taux d’endettement de 35 %.
Montant de l'emprunt | Salaire minimum pour emprunter seul sur 15 ans | Salaire minimum pour emprunter seul sur 20 ans | Salaire minimum pour emprunter seul sur 25 ans |
100 000 € | 1587.30 € | 1190.48 € | 952.38 € |
150 000 € | 2380.95 € | 1785.71 € | 1428.57 € |
200 000 € | 3174.60 € | 2380.95 € | 1904.76 € |
250 000 € | 3968.25 € | 2976.19 € | 2380.95 € |
300 000 € | 4761.90 € | 3571.43 € | 2857.14 € |
350 000 € | 5555.56 € | 4166.67 € | 3333.33 € |
400 000 € | 6349.21 € | 4761.90 € | 3809.52 € |
450 000 € | 7142.86 € | 5357.14 € | 4285.71 € |
500 000 € | 7936.51 € | 5952.38 € | 4761.90 € |
Le reste à vivre, c’est comme son nom l’indique, l’argent qu’il vous reste une fois que vous avez payé toutes vos charges. Et naturellement, plus il est élevé, plus vous avez de chances d’obtenir votre prêt ou d’emprunter au-delà des 35 % d’endettement.
Il n’existe pas de seuil légal minimum pour le reste à vivre. Les banques considèrent généralement qu'un célibataire doit disposer d’un revenu mensuel compris entre 700 et 1 000 euros, en fonction :
Le saut de charges désigne la différence entre le montant actuel de votre loyer et celui des mensualités du futur prêt. Il doit être le plus faible possible, et idéalement, nul.
L’apport personnel est l’épargne que les banques vous demandent d’injecter dans votre projet immobilier pour financer les frais annexes à l’acquisition comme :
Généralement, ces frais représentent 10 % du coût total du financement. Soit par exemple un apport personnel de 20 000 euros pour un emprunt de 200 000 euros.
L’apport permet aussi aux banques d’en savoir plus sur votre comportement de gestionnaire par rapport à votre argent. Pour le constituer, vous devez régulièrement mettre de côté une épargne. Si vous possédez cette rigueur financière, vous êtes a priori un bon candidat à l’emprunt. Vous disposez ainsi d’un levier à actionner pour négocier le taux d’intérêt.
Vous devez mener une réflexion stratégique sur le montant de votre apport, car celui-ci peut vous aider à :
À savoir : depuis la décision du HCSF, vous ne pouvez pas emprunter sur une durée excédant 25 ans. Cette durée est augmentée de 2 ans de différé si vous n’entrez pas en jouissance immédiate du logement (construction, travaux…). En investissement locatif, les banques limitent souvent la durée à 20 ans.
Il est devenu très difficile d’emprunter sans apport. S’il ne fixe pas de montant minimum, le HCSF recommande toutefois aux banques de limiter les financements à 110%. Vous devrez ainsi disposer d’un solide reste à charge pour en obtenir un.
Le taux d’emprunt varie déjà en fonction des conditions des marchés financiers (taux directeurs de la Banque Centrale Européenne et taux obligataires). Ensuite, il dépend de la région dans laquelle vous effectuez votre demande et de la politique commerciale des banques. Celles-ci peuvent vous faire une offre avantageuse si elles cherchent de nouveaux clients.
Le taux est aussi influencé par :
Les taux moyens actuels
En ce début 2025, la moyenne des taux fixes s’établit à :
Durée du prêt | Taux excellent | Taux moyen |
10 ans | 3,10 % | 3,40 % |
15 ans | 3,25 % | 3,55 % |
20 ans | 3,40 % | 3,70 % |
25 ans | 3,60 % | 3,90 % |
Le conseil AV Transaction : Pour connaître le coût total de votre emprunt, vous devez vous reporter au taux annuel effectif global (TAEG), pas uniquement au taux nominal. Le TAEG comprend en effet le taux nominal, mais aussi le taux d’assurance, les frais de dossier ou encore le coût des intermédiaires, comme un courtier.
Si légalement, l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire, en pratique, vous n’obtiendrez pas de prêt si vous n’êtes pas couvert. Elle constitue une protection pour la banque, mais aussi pour vos proches et vous. Si l’un des aléas prévus au contrat (décès, perte totale et irréversible de l’autonomie…) se réalise, l’assureur remboursera le capital restant dû ou les mensualités.
Vous devez être assuré a minima contre les risques décès et PTIA. Selon la nature de votre projet, la banque peut exiger des garanties supplémentaires, contre l’invalidité ou l’incapacité temporaire de travailler.
La quotité, c’est-à-dire la part du capital emprunté couverte par l'assurance en cas de sinistre, doit être de 100 %. Vous avez le choix entre deux types d’assurances de prêt :
À savoir : depuis la loi Lagarde de 2022, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, sans pénalités. Pas d’inquiétude, donc, si vous ne trouvez pas le contrat le plus avantageux avant de signer l’offre de prêt.
Votre emprunt doit faire l’objet d’une garantie supplémentaire, pour prendre en charge le remboursement du prêt dans les situations non couvertes par l’assurance. La première possibilité, privilégiée par les banques car plus facile à mettre en œuvre, est la caution d’un organisme comme Crédit Logement.
Si les organismes de cautionnement refusent votre dossier d’emprunteur solo, vous pouvez proposer d’autres garanties à la banque comme :
À savoir : si vous souscrivez un prêt in fine, vous devez obligatoirement consentir un nantissement sur un produit d’épargne sécurisé, comme une assurance vie en fonds en euros.
Voici des pistes à explorer pour réduire le coût total de votre financement.
Les prêts réglementés sont réservés aux projets d’achat de la résidence principale, sous conditions de ressources. Ils peuvent venir en complément ou en substitution d’un crédit bancaire. Différentes options :
La délégation d’assurance est souvent moins chère, grâce à la personnalisation du tarif. Étudiez aussi le mode de calcul des cotisations le plus avantageux pour vous, entre :
Pour vous aider à bien comparer les offres, vous pouvez utiliser un simulateur d’assurance.
Accroître le montant de votre apport permet de réduire le capital emprunté, la durée de remboursement et de négocier le taux d’emprunt. Pour y parvenir, vous pouvez :
Vous devez présenter un dossier solide pour emprunter seul.
Pour étudier votre dossier, les banques vous demandent de fournir les 3 derniers relevés de votre compte courant. Vous ne devez pas avoir été à découvert, même autorisé, sur cette période, au risque d’essuyer un refus pur et simple. Si vos comptes étaient dans le rouge, préférez différer votre projet de quelques mois.
Certes, l’allongement de la durée de crédit a un impact sur le coût total de votre emprunt. Mais il permet aussi :
Le courtier vous accompagnera pour trouver le financement, et un agent immobilier, pour dénicher la perle rare.
Intermédiaire entre les banques et vous, le courtier immobilier reste un précieux allié pour obtenir un financement. Il sait précisément quelles banques démarcher en fonction de votre profil d’emprunteur et des forces et des faiblesses de votre dossier.
Par ailleurs, en tant qu’apporteur d’affaires des banques, le courtier bénéficie d’une grille de taux plus avantageuse que les particuliers. Outre le taux du prêt, il peut négocier celui de l’assurance et des clauses utiles dans le contrat. Par exemple, une clause prévoyant la modulation temporaire des échéances ou la suppression des pénalités de remboursement anticipé.
Chercher un bien immobilier reste chronophage et complexe. Vous pouvez faire appel à un agent immobilier pour qu’il sélectionne les biens, organise les visites et gère les échanges avec le vendeur.
Il a accès à des biens exclusifs sur le off-market, via ses réseaux professionnels et sur ses bases de données qui lui permettent de trouver des opportunités correspondant à votre budget.
Grâce à sa connaissance fine du marché local, l'agent immobilier est en mesure d'évaluer un bien à sa juste valeur et de négocier le prix, sans vous faire rater la bonne occasion.
La mensualité de votre emprunt et vos autres charges ne doivent pas représenter plus de 35 % de vos revenus disponibles. Vous devez également souscrire une assurance emprunteur et proposer une garantie.
Non, vous pouvez être en CDD ou travailleur indépendant. Toutefois vous obtiendrez un prêt immobilier seulement si les banques jugent votre durée d’activité suffisante.
Tout dépend du régime matrimonial que vous avez choisi. Si vous êtes en communauté de biens, votre conjoint devra signer l’offre de prêt et sera solidaire du remboursement. Si vous êtes en séparation de biens, vous pourrez emprunter seul.
Le montant que vous pouvez emprunter dépend de votre salaire, de votre apport personnel, du taux d’intérêt et de la durée de remboursement.
“La flexibilité de l'offre me permet d'être serein lorsque l'activité est plus calme.”